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Comprendre la violence en Jamaïque PDF Imprimer Envoyer
Écrit par CORECA   
Jeudi, 27 Mai 2010 11:28

Comprendre la violence en JamaiqueInterview de Gilles LUBTEH, membre du CO.RE.CA, enseignant à l’Université des West Indies (Campus de Mona à Kingston)
Il nous livre une analyse fine des événements qui défraient la chronique en Jamaïque depuis une semaine


1°) Quelle est la vraie raison des événements que connait la Jamaïque ?

La situation que nous vivons actuellement en Jamaïque constitue l’aboutissement d’un complexe entrelacs de facteurs, mais s’il fallait retenir une raison de fond, on la trouverait dans la relation historique entre la classe politique et le crime organisé qui se retourne là de manière dramatique contre l’appareil étatique. En effet, d’ouvrages en témoignages, les références aux rôles respectifs d’hommes politiques et de gangsters, dans la constitution et le maintien du système des garrisons politiques, sont chose courante. Garrison, c’est le nom donné à ces circonscriptions électorales délibérément peuplées exclusivement d’électeurs du même parti, la fidélité des résidents au MP member of parliament (député) étant garantie par les gros bras patronnés par ce dernier, à grands renforts de dons financiers, d’octroi de contrats publics et d’approvisionnement en armes. Ce système a connu son apogée dans les années 70 dans plusieurs circonscriptions à Kingston mais aussi à Spanish Town, et est depuis si ancré dans la vie politique et l’imaginaire de la population que nous connaissons tous ici ces garrisons et leurs députés, qu’il s’agisse de Jungle, Rema, Payne Land, Tivoli etc.

Mise à jour le Jeudi, 27 Mai 2010 11:41
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Une femme premier ministre à Trinidad PDF Imprimer Envoyer
Écrit par CORECA   
Mercredi, 26 Mai 2010 15:40
kamla Persad BissessarLes élections générales organisées à Trinidad and Tobago le lundi 24 mai 2010 ont sonné comme un coup de tonnerre dans le ciel politique de la Caraïbe. Une femme d’origine indienne, Kamla BISSESSAR, leader de l’U.N.C (United National Congress) battait à plate couture le sortant Patrick MANNING du P.N.M (People’s National Movement) créé dès l’idépedance par Eric WILLIAMS.
Lorsque ce dernier à décidé de faire dissoudre le Parlement en avril après le dépôt d’une motion de censure qui n’avait aucune chance de passer, il était loin d’imaginer un tel scénario.
Avec 29 sièges sur les 41 que compte le Parlement la nouvelle femme forte de Trinidad a frappé un grand coup.

C’est la première femme à accéder à cette fonction dans ce pays et c’est la 3ème pour la Caraïbe anglophone après Eugenia CHARLES (Dominique de 1980 à 1995) et Portia SIMPSON-MILLER (Jamaïque de 2006 à 2007). Il ne faut cependant pas oublier Ertha Pascal TROUILLOT qui fut présidente par intérim d’Haïti entre 1990 et 1991 ou Sila L. CALDERON qui fa été Gouverneur de Puerto Rico de 2001 à 2005.

L’alliance, réalisée avec 4 autres partis, appelée Partenariat du Peuple, a mené une campagne offensive sur la corruption et les dépenses somptuaires de l’ancien Premier Ministre. Pendant la campagne, elle a affirmé son intention de renforcer la coopération avec le Brésil. Les chantiers qui l’attendent sont vastes car Trinidad doit faire face à une montée sans précédent de la criminalité sans être épargnée par la crise. Les bonnes intentions suffiront-elles ?
 
Forum sur les métiers de l'action internationale (1ère partie) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par CORECA   
Samedi, 30 Mai 2009 12:12

La Coopération Associative «Communication de Julien MERION, Président du CO.RE. CAL’action internationale est par essence un regard vers l’autre et procède de ce fait d’une volonté d’échanger et de partager sans laquelle il devient difficile de supporter les contraintes du dépaysement et des différences économiques, sociales, politiques et culturelles.

En Guadeloupe, il semblerait que la coopération soit devenue le passage obligé de toute politique. L’Etat, au plus haut niveau, exhorte les Guadeloupéens à ouvrir leurs yeux sur leur environnement. Le 27 octobre 1999, au Palais des Congrès de Madiana en Martinique, à l’occasion de la Conférence sur la Coopération régionale dans les Caraïbes et le plateau des Guyanes, le Premier Ministre, Lionel JOSPIN, déclarait « Le développement de la coopération régionale répond à une large et profonde aspiration des vos départements. C’est ce qu’ont souligné Claude Lise et Michel Tamaya dans le rapport qu’ils m’ont remis.

Cette aspiration est naturelle et légitime. Le resserrement de vos liens avec les pays du bassin Caraïbe et du plateau des Guyanes s’appuie sur l’appartenance à des cultures pour partie communes. Il est nécessaire à l’affirmation d’une véritable identité culturelle. «. Cette déclaration s’adressant aux socioprofessionnels, aux élus et aux personnalités de Guadeloupe, de Guyane et de Martinique doit être analysée comme une véritable incitation à l’aventure de la coopération. Il faut cependant remarquer que le Premier Ministre met l’accent davantage sur la dimension culturelle du problème en s’appuyant notamment sur ce qui pourrait être un socle identitaire partagé. Un peu plus tard, le 11 mars 2000, le Président de la République, Jacques CHIRAC, dans la même enceinte du Palais de Madiana s’exprimait en ces termes sur la question : « Les Antilles et la Guyane doivent devenir des acteurs de plein exercice de la coopération avec leur environnement régional.... Le développement de la coopération régionale à partir de vos territoires correspond à un besoin et fait l’objet d’un large consensus. Vous avez, je le sais, le désir et la volonté nécessaires, mais une grande partie des moyens de cette coopération se trouvent relever de l’Etat... Je souhaite qu’il soit mis un terme à cette situation singulière dans laquelle il y a d’un côté ceux qui ont la compétence et de l’autre ceux qui ont les moyens. Et pour cela il faut mettre les moyens à la disposition de ceux qui ont la compétence et la volonté. «Le Chef de l’Etat semble très soucieux d’un partage de compétence dans ce domaine et en appelle à une mobilisation des moyens en faveur des acteurs locaux plus à même, selon lui à s’engager dans la région caraïbe. Si l’on met de côté la concurrence politique qui oppose le Premier Ministre et le Chef de l’Etat, il faut bien admettre qu’ils entonnent trous les deux un refrain cohabitationiste sur la question de la coopération régionale. Pourtant, l’action internationale ne semble pas connaître le succès que pourrait laisser espérer de telles exhortations. Cela teint certainement de facteurs culturels qui font que le Guadeloupéen est peu enclin à s’ouvrir au monde et a tendance à un certain repliement. Dans ces conditions, les collectivités territoriales ne sont que le véhicule de ce comportement ne se donnent pas les moyens d’aller au-delà des incantations mythiques sur la Caraïbe et la coopération régionale, sans projet et par voie de conséquence sans réflexion stratégique. C’est en ce sens que les expériences associatives constituent vraisemblablement le levier à partir duquel l’action internationale va pouvoir conquérir sa dimension citoyenne en dépassant la frilosité et les tabous psychologiques qui la freinent. C’est d’une expérience associative, celle de Contact et Recherche Caraïbe, CO.RE. CA, qui a vu le jour, il y a dix ans que je vais essayer de tracer un bilan.

Mise à jour le Lundi, 01 Juin 2009 19:39
 
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